Soirée hors frontières

Wonder woman

Projection en plein air
Vendredi 19 août 2022 à 20h45 - Théâtre antique (Arles)

Qui mieux que Wonder Woman pouvait aussi bien incarner le lien entre mythologie et fantastique, force et douceur ? Une soirée hors frontières décalée, où humour, aventures et rêveries seront à n’en pas douter de la partie !

Prélude

Super héros de l’Antiquité - Sketch
Environ 15 min Julien Masdoua et Marion Trintignant

Wonder Woman en personne, la femme qui n’a jamais le tournis, est l’invitée de Julien Masdoua pour une interview exclusive. Au programme, révélations fracassantes et gossips sur les super héros et les héros de l’antiquité. C’est avec un humour décalé que Julien Masdoua et Marion Trintignant vous proposent de passer en revue les emprunts du genre cinématographique super-héroïque à la mythologie antique.

Infos pratiques

Date et lieu

Tarifs

  • Plein tarif : 7 €
  • Tarif réduit : 5 €
    (-18 ans, Étudiant (-26 ans), Adhérent Péplum, Adhérent Arelate, Pass monument de la ville (Avantage ou Liberté) daté de la semaine du festival)
  • Pass 3 soirées : 15 €
  • Pass 6 soirées : 25 €

Projection

  • Film diffusé en version française
  • Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des jeunes spectateurs.

Le film

Wonder Woman

Wonder Woman (2017)

Réalisé par : Patty Jenkins
Avec : Gal Gadot, Chris Pine, David Thewlis
Nationalité : Etats-unis
Durée : 141 minutes
Il est de notre devoir sacré de défendre le monde et c'est ce que je vais faire.

Synopsis

Depuis que Zeus a donné sa vie pour arrêter la colère d’Arès, le dieu de la guerre, et sauver les Hommes, les Amazones, guerrières éprises de paix, vivent sur l’île invisible de Themyscira. La princesse Diana y grandit, loin des fracas du monde.
Un jour, Trevor, un pilote américain, poursuivi par une flotte allemande, s’écrase au large de l’île. La bataille qui en découle porte à leur connaissance la terrible réalité du monde extérieur : une grande guerre est à l’œuvre, les Hommes se déchirent.
Persuadée qu’Arès est derrière ce déchaînement de violence, Diana accompagne Trevor sur le front. En s’alliant aux Hommes dans ce combat, Diana va découvrir toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

A propos

Certes on avait déjà vu Maciste ou Ursus rencontrer Genghis Khan et quelques autres, mais une princesse de Thémiscyra débarquer en pleine Première Guerre Mondiale… il fallait oser. En fait, c’est pendant cette période que les Suffragettes commencent à exprimer leurs revendications (en Angleterre, c’est en 1918 qu’elles obtiennent le droit de vote, à 30 ans).
Mais d’abord, d’où nous viennent ces Amazones de la mythologie ? D’un ancien culte matriarcal ? Des archères sarmates qui combattaient aux côtés de leurs maris ? Une seule chose est certaine : dans la société grecque machiste, les femmes n’ont rien en commun avec le métier des armes. Sauf que… si leurs maris perdent la guerre, elles risquent l’esclavage comme nous le rappelle Euripide dans sa tragédie Hécube ! En fait, comme les bestiaux Centaures et Satyres, les Amazones n’existent que comme un monstrueux contre‑exemple de la normalité. Ainsi, pendant les Guerres Médiques, lorsque Artémise reine d’Halicarnasse prit part à la bataille de Salamine à bord d’un de ses sept vaisseaux, les Athéniens mirent sa tête à prix 10.000 drachmes, en vue de la châtier pour son attitude impensable ! Là on est assez loin de sa fictionnelle interprétation par la sexy et impitoyable Eva Green dans 300 — La Naissance d’un Empire (Noam Murro, 2014) ! Pour l’anecdote Gal Gadot qui, dans le présent film, interprète Diana Prince alias «Wonder Woman», fut — et ce n’est pas un hasard — instructeur de close‑combat dans l’armée israélienne pendant son service militaire en 2003‑2005.
Bien sûr les mentalités évoluent, mais… ne poussez pas là-derrière ! Jeanne d’Arc fut brûlée vive, officiellement du chef d’avoir porté des vêtements masculins ! Revendiquant pour la femme une place plus équitable, le féminisme la fait apparaître un peu partout dans la fiction (heroic fantasy, cosplay). De Vampirella (BD 1969) à Red Sonja (BD 1973 [1934]) et jusqu’à «Xena Princesse guerrière» (TV 1995-2001) la voici dans des rôles impensables il n’y a pas si longtemps. À commencer, justement, par… Wonder Woman, BD créée en 1941 par William Moulton Marston.
En pleine WW II, l’Armée américaine se cherchait icônes et pin‑up; «Wonder Woman» fut ainsi créée en réaction au succès des virils héros des BD de la Marvel, tels Superman (1938), Batman (1939), Aquaman (1941) et autres Spiderman (1962)… D’abord en BD puis en animation, Wonder Woman devint feuilleton‑TV sous les traits de Lynda Carter (The New Adventures of Wonder Woman, 1977-1979). La voici maintenant héroïne de quatre films : Batman v Superman : L’Aube de la Justice (2016), le présent Wonder Woman (2017), ensuite suivi de Justice League (2017) et Wonder Woman 1984 (2020)  — tous quatre avec Gal Gadot dans le rôle.

La très pieuse Amérique ne prise guère le paganisme et ses dieux. Ceux de Themiscyra sont tous morts, même Dieu-le-Père Zeus ! Bien entendu, la vision de la mythologie grecque sera aussi à l’avenant. Ainsi nos féministes/pacifistes ne voient en le dieu Arès que le mal absolu, la Guerre. Il conviendrait de rappeler que dans la mythologie, Arès était le «père» des Amazones ! Aucune allusion bien entendu à l’assujettissement du sexe masculin, ni aux mutilations sexuelles qu’elles s’infligeaient elles-mêmes (ablation du sein droit). Autres temps, autres mœurs ?

 

Michel Eloy