Soirée décalée

Œdipe roi

Projection en plein air
Jeudi 22 août 2019 à 20h45 - Théâtre antique (Arles)

Prélude

"Acella, à Corps Perdus"
Environ 30 min Delphine Capron

Concert de Delphine Capron, accompagnée de deux musiciens et d’une danseuse. A travers deux chansons, venez découvrir Acella, jeune fille célèbre dans l’Antiquité dont le destin a pourtant été oublié...

Infos pratiques

Date et lieu

Tarifs

  • Plein tarif : 7 €
  • Tarif réduit : 5 €
    (Enfants (-12 ans), Etudiant (-26 ans), Adhérent Péplum, Adhérent Arelate, Billet du jour au Musée Départemental de l'Arles Antique, Carte d'abonnement ENVIA, Pass' monuments)
  • Pass 3 soirées : 15 €
  • Pass 6 soirées : 25 €

Animation

  • Delphine Capron, Chanteuse
  • Christophe Champclaux, Spécialiste du cinéma

Projection

  • Film diffusé en version originale sous-titrée en français
  • Version remasterisée

Le film

Œdipe roi

Œdipe roi (1967)

Réalisé par : Pier Paolo Pasolini
Avec : Pier Paolo Pasolini, Franco Citti, Alida Valli
Nationalité : Italie
Durée : 110 minutes

Synopsis

Les années 1920, en Lombardie, Italie. Œdipe vient de naître. Jaloux de l’amour que lui prodigue sa mère, son père décide de l’abandonner, mais l’enfant est recueilli et adopté. Des années plus tard, un oracle annonce à Œdipe qu’il doit tuer son père et épouser sa mère. Décidé à fuir ce destin tragique, il quitte la ville où il pense être né… Mais rien ne peut empêcher la prédiction de se réaliser. Rendu fou par cette monstrueuse révélation, Œdipe se crève les yeux…

A propos

Œdipe Roi, c’est «l’Assassin mène l’enquête»… En toute innocence, car il n’a aucune raison d’imaginer être en réalité coupable des pires crimes qui se peuvent concevoir : le parricide et l’inceste ! L’année passée, nous avons ici-même pu visionner sa Médée (1969), qui relate la fin des aventures de Jason et des Argonautes. Aujourd’hui, dans la même esthétique, Pasolini va nous délivrer sa vision baroque, barbare, «polynésienne» du mythe grec filmé dans le sud marocain, en éclairant la trame de Sophocle, d’abord d’un regard freudien (celui posé par le jeune père, officier dans une garnison du sud de l’Italie), puis marxiste : aveugle et mendiant Œdipe errera, pauvre déchet d’Humanité, rejeté de tous sauf d’Angelo. Angelo, l’«Ange» [Antigone, dans la tragédie de Sophocle] ou le message de paix, de la Bonne Nouvelle !

Michel Éloy

«Pasolini diminue la distance qui sépare les époques, et qui distingue légende et réalité, réalisme et symbolisme. Sous le baroque forcené des oripeaux arabo-nègres, on voit la violence du sang et des mystères qu’il charrie, la nudité vulnérable de la chair, on entend la stridence insupportable des cris et des lamentations. Grâce à la complicité passionnelle qui unit Pasolini à ce qu’il montre et qui l’incite à regarder Œdipe (le Franco Citti d’Accatone) avec l’œil dont le Caravage regardait son Bacchus, nous traversons sans cesse la féerie brutale de ces costumes, nous plongeons sous les visages. Pasolini explore ses propres abîmes : le prologue est une référence explicite à son enfance. Et nous, hypocrites spectateurs, ses semblables, ses frères, nous tournons notre regard intérieur — le regard de Tirésias aveugle et d’Œdipe aveuglé pour avoir découvert le secret des dieux — vers notre nuit intime où je suis à moi-même ma peste et mon aveuglement, mon Œdipe et mon sphinx.»

Le Nouvel Observateur, 14 octobre 1968