Sans doute la programmation du Festival n’aura jamais aussi bien collé à l’actualité qu’en cette XXIVe édition. Jugez-en : un cataclysme volcanique, une catastrophe nucléaire, un monde qui s’effondre et une guerre qui s’enlise…
Cataclysme volcanique : à l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll l’année passée, et plus récemment le Grimsvötn, qui paralysa plusieurs semaines notre trafic aérien, répond l’indémodable Vésuve dont la fureur sonna le glas pour quatre cités de Campanie, dont Herculanum et Pompéi (Les derniers jours d’Herculanum). Une catastrophe nucléaire : au tremblement de terre qui secoua le Japon et ses usines nucléaires de Fukushima-Daiichi, réplique l’engloutissement de l’Atlantide par la désintégration de la «Pierre d’Uranus» (id. est «uranium») (Hercule à la conquête de l’Atlantide). Un monde qui s’effondre : aux révolutions démocratiques [?] qui secouent le monde arabe – Tunisie, Egypte, Libye et Syrie – fait écho, de toute évidence, celle qui dans le monde romain, désormais chrétien, mit fin au paganisme (spécialement par la fermeture de l’université d’Alexandrie et le lynchage de la philosophe Hypatie, en 415) (Agora). Une guerre qui s’enlise : enfin, les conflits d’Irak et d’Afghanistan qui semblent stagner peuvent trouver un lointain écho dans les déboires que connurent les légions romaines à conquérir le territoire des Pictes (Nord de l’Ecosse) (Centurion). L’Histoire se répète, dit-on. En tout cas, il est à noter que sur les cinq films présentés cette année-ci, deux sont tout récents : Agora est de 2009 et Centurion de 2010. Ce qui nous offre l’occasion de rappeler que tout film est, avant tout, un témoin de l’époque où il a été conçu – y compris, bien entendu, ceux qui prétendent nous rappeler des événements historiques survenus voici 2.000 ans ou davantage.
M. Eloy
