Hercule à la conquête de l’Atlantide

Projection en plein air
Mardi 23 août 2011 à 21h00 - Théâtre antique (Arles)

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Le film

Hercule à la conquête de l'Atlantide

Hercule à la conquête de l'Atlantide (1961)

Réalisé par : Vittorio Cottafavi
Avec : Reg Park, Fay Spain, Luciano Marin
Nationalité : France, Italie
Durée : 98 minutes

Synopsis

Un peuple mystérieux doué d’un redoutable pouvoir de mort et de destruction, menace la Grèce.
Le devin Tirésias révèle au roi de Thèbes, Androclès, que de terribles malheurs vont s’abattre sur le royaume. Inquiet, Androclès réunit le haut conseil des rois mais tous refusent de s’unir pour combattre.
Hercule décide de lui venir en aide. Ils embarquent sur une galère avec Hyllos et le nain Timotéo vers une destination inconnue sans se douter qu’ils vont à l’encontre de grands dangers.

A propos

Tant pour s’en revendiquer que pour le dénoncer, on n’a pas manqué de rapprocher les Nazis des Atlantes : K.G. Zschaetzch (1922) voyait dans l’Atlantide la mère-patrie des Aryens; Lewis Spence (1924, 1942, 1944 etc.) en dénonçait la perversité. C’est même devenu un poncif de la littérature de fiction — tel Blake et Mortimer, L’Énigme de l’Atlantide, avec son étendard rouge au disque blanc frappé d’un trident noir… et l’émigration vers une autre planète.

Cottafavi met ici les points sur les «i» : la pierre issue du sang d’Uranus fera des habitants de l’Atlantide soit des sous-hommes lépreux dégénérés, soit des surhommes blonds (tout autant dégénérés ?).
Et la «pierre d’Uranus» détruira l’Atlantide qui s’engloutira dans les profondeurs océanes.
Habile télescopage de mythologie et de SF, donc. Dans la mythologie, le sang d’Uranus engen­drait notamment les Gigans, ces rebelles contre les dieux; dans le film ce sont les surhommes, mutants sans âme rendus plus fort par la possession de ce que l’on devine être l’énergie atomi­que [Uranus/uranium]. Antinéa, l’héroïne de P. Benoît, ne change plus ses amants en statues d’orichalque, le «mystérieux métal de l’Atlanti­de», mais en soldats fanatiques. Cottafavi a ici composé une fable politique sur l’Occident et l’atome, mais aussi les mœurs parlementai­res (l’assemblée des rois grecs !).

Du mythe d’Hercule au Jardin des Hespérides (ou «Atlantides»), ne subsiste plus guère que sa confrontation avec Nérée, ici rebaptisé «Pro­tée». Etonnante peinture que celle de la pauvre Is­mène en train de se lentement changer en pier­re, qui semble sortir des Métamorphoses d’Ovide.

Nombreux plans tournés dans les carrières de Salone (près de Rome) et sur la plage de Pali­nuro, avec son arc naturel. Des plans d’éruptions volcaniques sont empruntés au film d’Haroun Tazieff, Les rendez-vous du Diable (1959).

 

Michel Eloy