David et Bethsabée
Prélude
À travers une danse nourrie par l’archéologie et l’histoire de l’art, Marge Chesnais fait renaître les gestes de l’Antiquité. Avec Ode à Vénus, elle convoque la déesse éternelle de l’amour et du désir dans un solo sensible, inspiré des sources antiques. Une invitation à redécouvrir la puissance évocatrice des mythes et la beauté intemporelle des corps en mouvement.
Infos pratiques
Date et lieu
- Samedi 22 août 2026 à 20h45
- Théâtre antique, 8 rue du Cloître, Arles (localiser)
- XXXIXe Festival du film Peplum
Tarifs
- Plein tarif : 7 €
- Plein tarif : 5 €(-18 ans, Étudiant (-26 ans), Adhérent Péplum, Adhérent Arelate, Pass monument de la ville (Avantage ou Liberté) daté de la semaine du festival)
- Pass 3 soirées : 15 €
- Pass 6 soirées : 25 €
Animation
- Compagnie Saltoria
Projection
- Film diffusé en version originale sous-titrée en français
- Tous publics
Le film

David et Bethsabée (1951)
Synopsis
Le roi David qui règne sur les tribus d’Israël tombe sous le charme de Bethsabée, l’épouse d’Urie, l’un de ses fidèles généraux partis au front. Les deux amants se retrouvent bientôt face à une réalité qu’ils ne peuvent plus ignorer : Bethsabée attend un enfant.
Le roi forme alors le projet de faire revenir Urie du front pour qu’il passe une nuit avec sa femme. Mais le loyal soldat refuse, par honneur envers ses compagnons d’armes. Acculé, David va se révéler capable du pire pour protéger son secret.
A propos
Ce film expose les tourments d’un homme qui — arrivé au faîte de la gloire, entouré d’amis qui ne sont que des courtisans, de fils qui ne sont que des ennemis et de femmes qui ne sont plus que des servantes — sent son cœur se dessécher dans la solitude et cherche désespérément à retrouver, par l’amour, la foi et l’enthousiasme de ses jeunes années.
Si le film de Henry King suit assez fidèlement les données bibliques (quoiqu’au prix de quelques distorsions, comme la famine qui frappe Israël en punition du péché du roi), King Vidor, lui, en tirera quelques années plus tard un remake axé cette fois sur les amours coupables de Salomon et de la reine de Saba (Salomon et la reine de Saba, 1959), lequel s’écartera délibérément de la lettre biblique, l’Ancien Testament ne mentionnant nulle part une intrigue amoureuse entre Salomon et son illustre visiteuse (cette histoire ne figure que dans les traditions arabes et éthiopiennes postérieures).
Le scénariste de David et Bethsabée a cependant étoffé les données du Livre de Samuel, somme toutes schématiques, en composant un double apologue moral sur l’adultère, mais aussi la responsabilité du roi. Selon le film, David et Bethsabée sont tous deux coupables, l’une pour s’être délibérément offerte aux regards du roi dont elle était secrètement éprise, l’autre pour l’abus de pouvoir qui conduit ce roi à faire périr le mari gênant. Certes, le film ne montre pas David comme un roi usant de son autorité pour avoir le corps de la femme convoitée, ainsi que l’aurait fait un potentat oriental comme pharaon; et Bethsabée a l’excuse d’avoir été mariée par son père avec un homme qu’elle ne connaissait pas, un sot qu’elle n’a connu que six jours durant, depuis sept mois qu’ils sont mariés et qui — loyal soldat de David — lui préfère la guerre et ses tueries…
Précisons que ce film détonne par rapport aux autres productions vétu-testamentaires américaines de l’époque, qui toutes montraient du doigt la barbarie des voisins païens du Peuple Elu (Philistins, Moabites, Syriens etc.). Le siège de Rabbah-Moab n’est tout au plus qu’une toile de fond destinée à camper le personnage d’Urie, comme l’épisode de Goliath celui de David. Notons encore que l’anachronique Etoile de David bleue sur fond blanc de l’actuel drapeau israélien, n’est le symbole national d’Israël que depuis la fin du XIXe s. et la constitution du mouvement sioniste de Theodor Herzl.
Michel Eloy